Le street-art déploie aujourd’hui ses couleurs et son audace sur les façades du monde entier, de Montréal à Nairobi, révélant une vitalité qui persiste malgré les récents coups d’arrêt liés à la pandémie. D’est en ouest, des fresques monumentales s’imposent, redessinant le paysage urbain et transformant les rues en galeries à ciel ouvert. Tour d’horizon de ces métropoles où l’art s’invite là où on ne l’attend pas toujours.
Le festival mural au Canada
Montréal s’impose comme un terrain de jeu privilégié pour le street-art. Chaque mois de juin, la ville se réinvente avec de nouvelles œuvres qui surgissent sur les murs, portées par l’énergie du festival mural. L’événement « Under Pressure » insuffle aussi un vent neuf à toute la culture urbaine. Dans chaque quartier, le street-art s’affirme, omniprésent, coloré, revendicatif ou poétique. Il suffit de lever les yeux pour croiser la signature de figures comme Felipe Pantone, Botkin ou encore le collectif A’Shop crew, dont les créations jalonnent la ville et invitent à la déambulation.
Penang et son art original
En Asie, la Malaisie fait vibrer ses murs au rythme de l’art urbain. À Kuala Lumpur, le quartier de Chinatown et les abords de Jalan Alor (à Bukit Bintang) regorgent de fresques qui interpellent et racontent la ville autrement. Mais c’est Penang qui se distingue en véritable carrefour du street-art. Dans le quartier de Georgetown, les œuvres prolifèrent, transformant la cité en un musée à ciel ouvert où se croisent artistes locaux et créateurs venus des quatre coins du monde. Ici, chaque fresque attire curieux, amateurs et photographes, et fait de Penang un point d’ancrage incontournable pour l’art urbain en Asie.
Les célèbres fresques murales du Kenya
Au Kenya, la scène street-art s’affirme avec une vigueur remarquable. À Nairobi comme à Mombasa, les murs servent de toile à de nombreuses signatures locales aujourd’hui reconnues bien au-delà du pays. L’art urbain gagne aussi du terrain dans d’autres régions d’Afrique : le Ghana, par exemple, réunit chaque année des passionnés lors du « Chale Wote Street Art Festival » ou du « Ghana Graffiti ». À travers ces initiatives, la créativité africaine s’exprime, visible, accessible, et portée par une jeunesse qui se réapproprie l’espace public.
Paris et le street-art
En Europe, Paris confirme son statut de capitale artistique avec une scène street-art en pleine effervescence. Les façades du 13e arrondissement, habillées de fresques spectaculaires, attirent l’attention et imposent une nouvelle lecture de l’espace urbain. Les quartiers de Belleville et leurs alentours offrent également une diversité de graffitis et d’œuvres originales, tandis que Marseille ne cesse d’étonner avec des créations qui redonnent vie à ses murs les plus discrets. Chaque balade devient une chasse au trésor visuelle, une invitation à s’arrêter, observer, et parfois, à s’interroger.
Melbourne, pilier des arts urbains
À l’autre bout du globe, Melbourne rayonne comme un haut lieu du street-art. Certaines rues de la ville, à l’image de Centre Place, AC/DC Lane ou Keith Haring, forment de véritables parcours initiatiques où s’enchaînent les fresques, les motifs, les messages. Ici, l’art urbain n’est pas cantonné à quelques spots isolés mais s’infuse partout, dans la routine des habitants comme dans le regard des visiteurs, offrant des surprises à chaque coin de rue.
Le street-art de Barcelone
Barcelone poursuit son histoire d’amour avec le street-art. Des fresques remarquables s’affichent sur les murs de Carrer de la Selva del Mar ou de la Carrer de l’Agricultura. À Madrid, la dynamique est tout aussi forte : la ville se distingue comme la première ville street-art du pays, notamment dans les quartiers de Malasaña et La Latina où l’effervescence artistique ne faiblit pas. D’autres villes espagnoles, comme Valence et Bilbao, tiennent à rivaliser et proposent des itinéraires qui séduisent les amateurs d’art urbain et les curieux de passage.
À travers le monde, le street-art s’impose, s’adapte, et transforme les villes en laboratoires de création. Un mur, une bombe de peinture, et soudain, la ville se raconte autrement, libre, inventive, insaisissable. Qui sait quel visage auront ces métropoles demain, quand les artistes auront, une fois encore, bouleversé les codes et redéfini le décor ?


