Investir dans une SCPI : bonne idée ou fausse piste ?

Face aux nombreuses questions de nos clients et aux incertitudes causées par la crise sanitaire et ses conséquences économiques, Grisbee a organisé cette deuxième table ronde sur le SCPI et son avenir avec :

  • Jean-Christophe ANTOINE, Président du Groupe Atland Voisin
  • Jean-François CHAURY, Directeur Général Advenis REIM
  • Antoine DEPIGNY, Directeur du Développement chez Primonial REIM

Voici un retour détaillé sur ce webinaire, accompagné de la vidéo complète de la conférence.

Les conséquences de la crise sur les sociétés de gestion et la collecte

Le choc économique a submergé la société, mais le réflexe d’épargne est resté solide. Si l’inquiétude a marqué les premiers jours, les données confirment une réelle continuité : les Français ont maintenu leurs habitudes d’épargne, en misant sur des placements liquides tout en maintenant la confiance envers les investissements longs comme les SCPI. L’immobilier de bureaux et les commerces n’ont pas été le théâtre d’un effondrement, simplement celui d’un ralentissement, subissant près de 40 % de baisse de collecte, davantage lié à la complexité des démarches à distance qu’à une défiance profonde.

Pouvoir investir 100% en ligne, solution proposée par Grisbee, a joué un rôle déterminant et a permis à de nombreux investisseurs de franchir le cap durant la crise. Ce virage digital, déjà amorcé, s’est accéléré, encourageant la modernisation rapide des sociétés de gestion en quête de nouveaux relais de croissance.

L’impact de la crise sur la SCPI

La question des loyers impayés ou reportés a plané sur les SCPI, mais le secteur n’a pas vacillé. Les sociétés de gestion en France ont su intervenir rapidement : elles ont privilégié le dialogue avec les commerçants pour obtenir des reports de loyers ciblés, s’adaptant à chaque situation et en misant sur des locataires stables. Objectif : garder le cap et préserver les équilibres dans la durée. En Allemagne, Advenis REIM illustre une approche différente : la suspension des loyers y a été décidée par l’État pour trois mois, mais, particularité notable, les propriétaires perçoivent environ 8 % d’intérêt sur les sommes reportées.

Parallèlement, l’appui massif des pouvoirs publics a pesé dans la balance : prêt garanti par l’État en France, plan de relance colossal outre-Rhin, tout cela a remis en selle les acteurs professionnels de l’immobilier.

Chez Grisbee, le choix des partenaires ne laisse rien au hasard : les portefeuilles sont construits sur la solidité des locataires, des notations de BB à AAA, et une qualité d’actifs recherchée pour mieux absorber les secousses des marchés.

Le télétravail et l’immobilier de bureaux : faut-il craindre un bouleversement ?

La fin annoncée des bureaux revient régulièrement, mais le télétravail n’a pas sonné la retraite des espaces professionnels. Plusieurs facteurs pèsent dans la balance :

  • Le travail à distance a ses limites : difficile de faire vivre une culture d’entreprise ou d’entretenir le lien collectif sans échanges réguliers en personne.
  • Installer chaque collaborateur avec un bureau chez lui représente un coût loin d’être neutre pour l’entreprise qui veut généraliser le télétravail.
  • La multiplication des échanges numériques met sur la table des questions nouvelles de cybersécurité et de respect de la vie privée.
  • On observe un mouvement vers plus d’espace par salarié : les bureaux ne disparaissent pas, mais évoluent, notamment pour respecter les exigences sanitaires et accueillir des effectifs tournants, alors que les taux de vacances demeurent faibles pour le secteur.

L’équilibre va bouger. Il se dessinera sans doute à travers des formes hybrides, où le travail à distance se combine à la présence sur site. L’immobilier de bureaux s’apprête à changer, mais sa disparition n’est pas au programme.

SCPI et secteur de la santé : une immunité remarquable

Les SCPI spécialisées dans la santé, comme Primovie portée par Primonial REIM, affichent une réelle résistance. Ce segment, encore limité en volume actuellement, a toutes les raisons de croître dans les années proches, à mesure que la demande en lieux de soin et en équipements se renforce sous l’effet des enseignements de la crise.

Perspectives 2020-2021 : performance attendue des SCPI

La période récente n’a pas fait chuter les rendements attendus des SCPI. Les sociétés de gestion maintiennent bon nombre de repères, particulièrement sur les actifs spécialisés ou résidentiels, et concentrent leurs efforts d’investissement sur ces créneaux. Primonial REIM estime ainsi pouvoir viser 4,5 % de rendement sur Primovie, si la situation sanitaire reste maîtrisée.

Pour les SCPI de commerces, les signaux restent également stables. Voisin, par exemple, annonce que les reports et annulations de loyers ne dépassent pas le seuil de 1 % des loyers annuels. Malgré une prévision de rendement en léger repli pour 2020 chez Epargne Pierre, c’est bien une normalisation dès 2021 qui se profile.

Quels critères analyser avant d’investir ?

Avant de s’engager sur une SCPI, mieux vaut prendre le temps de regarder plusieurs paramètres clés : la capitalisation, qui garantit une meilleure mutualisation des risques à mesure qu’elle croît, mais aussi la diversité des actifs.

Autre curseur à examiner, le taux de dette : plus la SCPI est faiblement endettée, plus elle garde de la flexibilité pour traverser les soubresauts du marché.

Comparer la valeur de reconstitution avec le prix d’achat permet d’identifier d’éventuelles opportunités en période de sous-cycle. C’est souvent à ces moments que se jouent les meilleures conditions d’entrée, profitant des décotes temporaires.

La SCPI s’inscrit dans la durée. Choisir un gestionnaire reconnu, observer la rigueur de la gestion, sélectionner un placement aussi solide que prometteur, voilà les véritables piliers. Grisbee s’est ainsi entouré d’équipes réactives, conjuguant exigence de rendement et maîtrise du risque, pour répondre aux défis du marché.

Une chose reste sûre : le marché de la pierre-papier offre encore de quoi abriter ses ambitions comme ses prudences. C’est une trajectoire à composer, à son rythme, au fil des secousses et des phases d’accalmie.