Vous avez peut-être déjà tapé « parentses » dans un moteur de recherche, ou lu cette graphie dans un message sans tiquer. Ce mot n’existe pas en français. La forme correcte est « parenthèse » au singulier, « parenthèses » au pluriel. Derrière cette faute courante se cache un mécanisme linguistique précis, lié à la famille des mots en « -thèse ». Comprendre pourquoi on se trompe permet de ne plus jamais hésiter.
Pourquoi la faute « parentses » est si fréquente
La confusion vient de la prononciation. En français oral courant, le groupe « th » dans « parenthèse » se prononce comme un simple « t ». Le « h » est muet, il ne modifie pas le son. Résultat : à l’oreille, « parentèse » et « parenthèse » sont identiques.
Quand on écrit vite (un mail, un SMS, un commentaire), le cerveau transcrit ce qu’il entend. Le « h » saute, puis le « è » se transforme parfois en « e » sans accent. On obtient « parentses », une forme qui ne correspond à aucun mot du dictionnaire.
Ce type d’erreur touche d’autres mots de la même famille. Avez-vous déjà hésité sur « hypothèse » ou « synthèse » ? Le piège est le même : le groupe « th » est présent dans toute la famille des mots issus du grec « thesis » (l’action de poser). Parenthèse signifie littéralement « action de placer à côté ».

Orthographe de « parenthèse » : la règle et ses repères
La règle tient en une phrase : on écrit toujours parenthèse avec un « h » après le « t ». Au singulier comme au pluriel. Pas d’exception, pas de variante admise.
Pour ancrer cette graphie, un moyen simple fonctionne bien : rattacher le mot à sa famille. Si vous savez écrire « hypothèse », vous savez écrire « parenthèse ». Le suffixe « -thèse » reste stable dans tous les dérivés.
Liste des mots en « -thèse » à retenir
- Parenthèse (et « entre parenthèses », toujours avec un « s » au pluriel dans cette expression figée)
- Hypothèse, du grec « hypo » (en dessous) + « thesis » : une supposition posée comme base de raisonnement
- Synthèse, du grec « sun » (ensemble) + « thesis » : l’action de rassembler des éléments
- Prothèse, antithèse, prosthèse : même racine, même logique orthographique
Un réflexe pratique dans un traitement de texte : lancez une recherche sur « parentses » ou « parentèse ». Si le résultat affiche des occurrences, remplacez-les toutes. Cette vérification prend quelques secondes et élimine une faute visible.
Règles typographiques des parenthèses en français
Savoir écrire « parenthèse » correctement ne suffit pas. Encore faut-il savoir utiliser les parenthèses comme signes de ponctuation. Les règles typographiques françaises diffèrent de l’anglais sur un point qui passe souvent inaperçu : la gestion des espaces autour des parenthèses.
Espaces : où les placer, où les supprimer
En typographie française, la convention est la suivante :
- Une espace avant la parenthèse ouvrante « ( »
- Aucune espace après la parenthèse ouvrante
- Aucune espace avant la parenthèse fermante « ) »
- Une espace après la parenthèse fermante
Exemple correct : « Le délai de rétractation (quatorze jours) court à partir de la réception. »
Exemple incorrect : « Le délai de rétractation( quatorze jours )court à partir de la réception. »
Cette convention s’applique dans les documents professionnels, les publications éditoriales et les copies d’examen. Dans un SMS, personne ne vous en voudra. Dans un rapport, un mémoire ou un article publié, les espaces mal placées autour des parenthèses signalent un manque de rigueur.
Parenthèses et ponctuation de fin de phrase
Un doute fréquent : faut-il placer le point avant ou après la parenthèse fermante ? La réponse dépend de la structure.
Si la parenthèse s’insère dans une phrase, le point se place après la parenthèse fermante. Si le contenu entre parenthèses forme une phrase complète et autonome, le point se place à l’intérieur, avant la parenthèse fermante.

Confusion « parenthèse » et « parenthèses » : singulier ou pluriel
L’expression « entre parenthèses » s’écrit toujours au pluriel. La raison est logique : il y a deux parenthèses, une ouvrante et une fermante. On place un mot entre deux signes, donc « entre parenthèses ».
Le singulier s’utilise quand on parle du signe lui-même ou du concept. « Ouvrir une parenthèse » (au sens propre comme au sens figuré) prend le singulier. « Je fais une parenthèse dans mon propos » aussi.
Quelques cas concrets pour fixer la distinction :
« Merci de préciser votre numéro de téléphone entre parenthèses. » Pluriel, car on parle des deux signes qui encadrent le texte.
« Cette longue parenthèse dans le discours a surpris l’auditoire. » Singulier, car on désigne la digression elle-même, pas les signes typographiques.
Au-delà de l’orthographe : ce que la parenthèse révèle de votre écriture
Utiliser des parenthèses dans un texte est un choix stylistique. Une parenthèse insère une information secondaire sans casser le fil principal. Elle crée un aparté, un commentaire, une précision technique.
Abuser des parenthèses produit un effet inverse : le lecteur perd le fil. Si chaque phrase contient une incise entre parenthèses, le texte devient haché. Deux à trois parenthèses par paragraphe représentent un maximum confortable pour la lecture.
Une alternative élégante existe : la virgule d’incise. Au lieu de « Le directeur (nommé en mars) a validé le budget », on peut écrire « Le directeur, nommé en mars, a validé le budget ». Le sens est identique, la lecture plus fluide.
La graphie « parentses » disparaît dès qu’on comprend l’origine grecque du mot et qu’on mémorise le groupe « th » commun à toute sa famille. Restent les réflexes typographiques (espaces, ponctuation, choix singulier/pluriel) qui, eux, demandent un peu de pratique. Un texte où les parenthèses sont bien écrites et bien placées gagne en clarté, et c’est souvent ce détail qui fait la différence entre un écrit soigné et un brouillon.

